C'est amusant de voir comme, lorsque les jours gris reviennent, on cherche à trouver des repères, des attaches au temps et au réel, et parfois même au passé. Je me replonge dans l'écriture, dans cet espace immatériel où les mots glissent, au fil de ma plume, s'envolent et se répercutent sous forme d'échos sur d'imaginaires sommets, invisibles géants peuplant les paysages de ma réflexion. Je me laisse emporter au lyrisme, aux métaphores et aux soupirs.
Il pleut, il s'est mis à pleuvoir dès mon départ.
Je ne m'étais pas rendu compte comme vivre loin d'ici m'avait arraché à une forme d'existence autre. Je ne m'étais pas rendu compte des solitudes que j'avais abandonnées. Je réalise qu'à nouveau elles m'aspirent, qu'elles m'enchaînent et m'ensevelissent sous les soucis et inquiétudes. Je réalise quelle place tu as pris dans mon existence, toi qui a soufflé sur les musiques tristes et les poèmes laconiques, toi qui a porté les couleurs et les vers dans mon esprit et dans mon coeur.
Le mur gris-beige et les statues vertes ont disparu. Il reste une étendue morne et des arbres secoués par le vent. La rue bruyante a laissé la place à l'inquiétant silence de la campagne et aux discrets murmures des animaux nocturnes. Les tourbillons de pétales ont disparu, remplacés par le calpotis de l'eau sur les tuiles. Je retrouve mes peines, inscrites dans tous ces livres délaissés, dans ces odeurs oubliées, dans l'escalier et dans les murs, dans tout ce monde qui soudain reparaît.
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